Pour une police municipale de proximité, qui ne se confond pas avec la police nationale.
Pour un respect des procédures, qui ne mettent PAS en danger les agent.es et les habitant.es.
Yves Nicolin surfe sur le sentiment d’insécurité et la peur pour faire campagne. Une fois de plus. Dans sa surenchère, il se gargarise d’une police municipale équipée d’armes létales comme celles des policiers nationaux. Mieux équipée même revendique-t-il [1]!
Ce faisant, il renforce l’idée d’une police municipale répressive et distante et continue d’accentuer la confusion entre les rôles de la police nationale et de la police municipale, dont les missions sont pourtant fondamentalement et intrinsèquement différentes. La première axée notamment sur la police judiciaire et la sécurité publique (maintien de l’ordre, lutte contre la délinquance…). L’autre, plutôt sur la tranquillité publique (sûreté, salubrité, prévention, application des arrêtés municipaux en matière de bruit, de terrasses, de stationnement…). La Cour des comptes pointait déjà ce glissement des responsabilités et missions dans son rapport de 2020 sur les polices municipales : “Le constat selon lequel les polices municipales les plus interventionnistes tendaient à se substituer aux forces nationales est plus accusé aujourd’hui qu’en 2011.” […] avec une évolution des “polices de proximité dont certaines tendent à s’assimiler aux forces nationales“. Cela étant “aussi la traduction des différents positionnements politiques des exécutifs locaux sur la question, indépendamment du contexte sécuritaire.[2]”
Il est pourtant essentiel de garantir le “continuum de sécurité”, avec une différentiation claire des rôles de chacune des polices et de chacun des responsables. Les conventions de coordination entre les polices sont là pour y aider. Mais là aussi, Yves Nicolin veut être plus shérif que le shérif et entretient le flou et un dangereux glissement. C’est ainsi que lors de son dernier meeting de campagne le 26 novembre dernier, il donna publiquement des consignes publiques aux habitant.es en leur demandant de contacter directement le CPU (centre de protection urbain municipal (vidéosurveillance)) en cas d’observation de problèmes. Ce faisant, il participe encore à briser le continuum de sécurité pourtant si important. Le Commissaire divisionnaire s’est vu obligé de contredire les propos du Maire pour rappeler qu’il n’est pas normal de procéder ainsi rappelant même, « une mise en difficulté voire une mise en danger» de la population et des effectifs de police nationale et municipale avec un tel procédé.” 1. C’est extrêmement grave. Et c’est ce qui arrive quand Yves Nicolin ne se limite pas à rester à sa place et dans ses prérogatives.
La sécurité est une question de police. Mais ce n’est pas seulement une question de police. Pour assurer la tranquillité publique, il convient aussi de ne jamais perdre de vue que cette « tranquillité », cet état de paix sociale, que nous souhaitons toutes et tous, est celui d’une démocratie qui tient compte de l’avis des citoyens, qui garantit à toutes et à tous en toute équité, l’accès au travail, à la santé, à l’éducation, au transport, à la culture. La société capitaliste tourne le dos à ces objectifs. Elle porte essentiellement la responsabilité de l’intranquillité actuelle. Comment ne pas voir que c’est en luttant par des mesures de justice sociale, contre la fracture sociale qu’on garantit le mieux la sûreté et la tranquillité publique. C’est de cela, que la ville de Roanne a besoin, bien plus qu’une surenchère policière qui marche sur les pieds des prérogatives de la police nationale.
[1] https://www.leprogres.fr/elections/2025/11/27/delits-yves-nicolin-appelle-a-prevenir-le-cpu-le-commissaire-de-roanne-preconise-d-appeler-le-17 https://www.le-pays.fr/roanne-42300/faits-divers/police-municipale-a-roanne-la-securite-une-thematique-central
[2] https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-polices-municipales
